La luciole

Ils sont soudés par la même peur. Quatre en équilibre sur le filin tendu comme un muscle. Le pied droit glisse, le genou fléchit, la jambe gauche lentement se rapproche. Gorges nouées, balanciers pressés contre la poitrine, ils avancent pas à pas, l'un derrière l'autre, inséparables comme aux lointains jours de leur enfance. L'obscurité les environne, parfois l'un d'eux émet un son, un mot, une exclamation chancelante.
La pendule a été guillotinée, plus d'heure, plus de date, plus de durée. Devant eux, la luciole scintille faiblement. Ils avancent encore, le vide est si épais qu'il fait mal. Lorsque la luciole disparaîtra, ils tomberont.

House1, Vanessa Fanuele, 2009

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