Eric Pougeau


Eric Pougeau
Sans titre, 2013
Bois, marbre
79 x 37 x 52 cm


Ça commence là. Dès l’enfance. Un bloc de marbre. Puissant comme une naissance.
Ça soulève le cœur.
Ça soulève l’âme.
Dès l’origine. Le cadre t’attend. Le cadre t’espère. Les bornes. Les limites. Ta place calculée aux dimensions de la mort.
Ça commence là. Dès l’enfance. Dès la violence. La mise à mort.

Tant de pureté dans un bloc de marbre. Se soulève du cercueil. On pourrait croire que c’est léger le cadavre d’un enfant. Combien pèse-t-il sur la conscience ?
C’est lourd l’enfance. C’est lourd compact.

Quatre poignées, quatre porteurs pour soulever le drame blanc.
A peine eu le temps de nous visiter.
79 x 37 x 52 cm : ta place, ta part congrue, ton espace, les dimensions du quotidien et de ton rôle assigné.
De toutes parts ils tremblent : la jeunesse fait peur.
De toutes parts ils s’approchent, empoignent le cercueil.
L’enfance pèse.

Le bloc taillé s’échappe du cercueil. Il s’élève – tend vers – vers l’ailleurs – au-delà.
De quoi est-il le socle ?

Le silence du marbre                                    la beauté du marbre
Le silence blanc                                            la beauté blanche
Le silence de la mort                                     la beauté de la mort
Le silence de l’enfance                                 la beauté de l’enfance

Sa puissance.
Morte – enterrée – emboitée – emmarbrée – elle parle encore.

Ils hocheront la tête, ils verseront quelques larmes.
Ils ne pourront plus jamais rabattre le couvercle.
La géométrie nette. Arase au cordeau toute tentative. Il s’évade pourtant. Fort, puissant, massif.
L’artiste.
Détaché du carnage originel.
Résumé saisissant du créateur, dressé dans toute son œuvre contre les mensonges, les violences autoritaires.
Œuvre en forme de survie, de conjuration
Œuvre en forme de dépassement
Création en forme d’éternité
Jaillissement des pensées les plus secrètes et les plus taboues
Réalité marquée au marbre blanc.

Fossoyeurs, passez votre chemin.










 

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