Les pâtisseries




Le mur et le trottoir forment un angle droit. Droit et gris. Lui est accroupi face au mur, son costume sombre cassé aux genoux. La boite de carton blanc béante. Il a des gestes rapides, précis. Trois auréoles de sucre fruité poissent le fond de la boite. Il tend sa main vers une tartelette encore entière. Son attaché case bien droit contre sa cuisse, l’angle parfait de la rue, le pli impeccable de son pantalon, la raie brillante de ses cheveux et son obstination, dos à la vie, face au mur, à engloutir les pâtisseries, me plaisent. Je m’approche de lui, de l’angle parfait, la pointe de mon pied touche la boite éventrée. Il ne lève pas les yeux, d’un geste m’invite à le rejoindre. Je m’agenouille, dos à la rue, face au mur, la robe ramassée entre mes cuisses et la suite. Je passe mon doigts sur les aréoles sucrées, la confiture rouge s’accroche à ma peau, j’enduis le bout de mon doigt jusqu’à sa disparition puis l’approche de la bouche de l’homme. Il a encore faim.










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