les aveux

 

Mais l’œil. Tes yeux. Les yeux dans tes collages une véritable collection de regards de cyclopes de myopies d’expressions. L’œil tel qu’il voit tel que tu le vois la violence magique du regard. Tantôt écarquillé. Tantôt clôt. Tantôt minuscule. Tantôt caché. Tantôt à facettes. Toujours différent. L’un ou l’autre ou les multiples. Tantôt pliés. Tantôt crevés. Bancals. Leur coquetterie leur langage. Yeux beaux, énormes, grands, gros, splendides; yeux bridés, globuleux, ronds, à fleur de tête, en vrille; yeux battus, bouffis, boursouflés, caves, cernés, creux, enfoncés, fiévreux, gonflés, morts, plissés, pochés; le mouvement des yeux, baisser, lever les yeux, écarquiller les yeux, faire de gros yeux, rouler les yeux; des yeux fardés, bleu d'azur, bruns, clairs, foncés, vairons. Les yeux blancs les yeux vagues les yeux perçants les yeux des femmes et des hommes qui partagent tes secrets. Les aveux. Œil de biche, de carpe, de chien battu, de chien fidèle, de gazelle, de hibou, de lynx, de veau de chat d’aigle, chercher du regard l’animalité des relations. 
Animalisation des anomalies.
Le bon et le mauvais œil.
Œil pour œil.
Tes yeux qui bourgeonnent à chaque collage la vision envahie.
L'œil en tant que regard. L'œil dans son action et sa fonction de voir. L'œil ton parfait instrument d'observation.
Voir de tes yeux, de ses propres yeux, du coin de l'œil, dans le blanc des yeux, entre deux yeux.
Boire des yeux, couver des yeux, dévorer, manger des yeux.

[H.H., une biographie d'Hannah Höch, extrait - 
parution janvier 2023]