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Premier matin

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  Arriver, poser sa valise, prendre le pouls d'un nouveau paysage, se frayer un sentier vers sa chambre, vers l'Autre, poser l'empreinte de ses mains sur les murs leur murmurer "je suis là pour quelques jours", répéter les présentations aux arbres et vallons. Éparpiller ses affaires puis les regrouper puis les disposer il faut parvenir à la tanière où ombres creux air deviennent complices de la pensée. Le cœur bat plus fort, prêt à s'élancer à la poursuite de Monelle, Petit-Sabots et toutes les autres, elles m'attendent je les espère. Les pommes ce matin roulaient devant mes pupilles, le parc est floqué de pommes et déjà me voilà enfuie, et si l'une d'elles se nommait Reinette ? 

Vagabondages

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  Elles ont pris les armes, pris les devants, tué l’enfant, tué père mari amant violents, elles ont froissé le papier sur lequel la loi du mâle était écrite, roulé en boule le contrat, jeté aux ordures, elles ont, ou rien N’ont rien fait que d’être fille, que d’être sortie par les rues que d’avoir chanté à tue-tête, d’avoir vagabondé Je vagabonde Tu vagabondes Il vagabonde, fils malin Nous vagabondons Vous vagabondez Elles vagabondent, filles tapin Petite fille deviendra grande cela suffit à agiter la surface du monde, motif à enfermer Enfermez-les Pour préservez la société, réserve naturelle Ce qu’elles désiraient ces enfants c’était se réveiller dans la brume, ouvrir les yeux dans le paysage, conquérir leur terre monter à cheval parcourir miles et kilomètres, poser les fondations de leur empire, régner Preuses, chevaleresses, seigneures ! Ce qu’elles désirent, conquérir, exister, liberté Ce qu’elles désirent, montrer leur force, leur intelligence Que nous admirions leur endurance leu

Colors

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  La nature me dévêt du noir La nature me dévie Progressivement mue  Mon moi progresse Les couleurs se posent Du bleu du rose du orange Ce que l’on nomme Couleurs La nature pèle mes noirs Mes couches de noirs De l’ado à aujourd’hui Je vais nue L’amour m’a offert un paysage de couleurs

Carcasse

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  d’une lame affutée et interminable elle sépare le gras des mots le tranchant passe étincelant fil affuté et interminable entre les filaments des lettres qu’ils soulèvent détachent découpent nettement interminable la séparation du gras et de la viande du mot

Hannah et ses échinops

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  Hannah Höch en son jardin, 1970 & Perrine en son jardin, 2022 "nos échinops" Le Journal du MOUVEMENT DADA , ce sont 230 pages . Publié chez SKIRA en 1989 - emblématique de tout ce qui a été écrit, de tout ce qui est écrit sur DADA. 230 pages de plus.  Marc Dachy écrit      -      il écrit DADA, c’est-à-dire qu’il écrit les hommes DADA. Sur les 230 pages Hannah Höch a le droit à 2 lignes complètes - je ne compte pas les fois où son nom apparaît au milieu d’autres noms. Les 2 lignes complètes sont : 1 - "Hannah Höch, après avoir séjourné aux Pays-Bas dans l’entourage de Stijl de 1926 à 1929, s’est cachée dans la maison du gardien d’un aéroport désaffecté de Heiligensee (nord de Berlin) durant toute la guerre. " 2 - "En 1978, à Berlin, Hannah Höch, dans la maison où elle s’était cachée durant la guerre."  (l'auteur parle de son décès) cachée......................durant..........................toute.............................la..................

Lucie Antunes

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  Les filles qui battent font battre mon cœur Comme j'allais écouter The White Stripes pour m'enivrer de Meg White Comme j'ai vu, en dehors des archives, Moe Tucker à l'Olympia, le grand soir où le Velvet Underground s'était reformé Comme hier soir Lucie Antunes mon corps explose mon cœur en mille notes et percussions J'aime les femmes batteuses leur monde est  mon monde Elle se campe fort dans le sol  - campée - jambes écartés et les bras tendus décharge d'énergie ce qu'il faut de sensible ce qu'il faut de force pour ainsi      marteler     effleurer     soulever     dompter des sons des coups du sonore et la répétition Comme j'aime la répétition Les filles qui (se) battent je n'ignore pas  le droit d'être faible je n'ai pas connu ce droit-là uniquement celui de se battre pour survivre alors les filles qui battent leur sensualité leur  concentration leur joie me soulèvent

Mélodie

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  Le lisse du silence - je lisse  Sur mes cils, rubans Le lisse du sil - je lisse Densité de falaise Son abrupt dévale mon larynx Silence de calcaire - d’ossements Mon squelette troué le vent Y passe Mauvaisement - mélodie mortelle Le silence son glacé Sur mes paupières, deux pièces