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Carcasse

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  d’une lame affutée et interminable elle sépare le gras des mots le tranchant passe étincelant fil affuté et interminable entre les filaments des lettres qu’ils soulèvent détachent découpent nettement interminable la séparation du gras et de la viande du mot

Hannah et ses échinops

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  Hannah Höch en son jardin, 1970 & Perrine en son jardin, 2022 "nos échinops" Le Journal du MOUVEMENT DADA , ce sont 230 pages . Publié chez SKIRA en 1989 - emblématique de tout ce qui a été écrit, de tout ce qui est écrit sur DADA. 230 pages de plus.  Marc Dachy écrit      -      il écrit DADA, c’est-à-dire qu’il écrit les hommes DADA. Sur les 230 pages Hannah Höch a le droit à 2 lignes complètes - je ne compte pas les fois où son nom apparaît au milieu d’autres noms. Les 2 lignes complètes sont : 1 - "Hannah Höch, après avoir séjourné aux Pays-Bas dans l’entourage de Stijl de 1926 à 1929, s’est cachée dans la maison du gardien d’un aéroport désaffecté de Heiligensee (nord de Berlin) durant toute la guerre. " 2 - "En 1978, à Berlin, Hannah Höch, dans la maison où elle s’était cachée durant la guerre."  (l'auteur parle de son décès) cachée......................durant..........................toute.............................la..................

Lucie Antunes

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  Les filles qui battent font battre mon cœur Comme j'allais écouter The White Stripes pour m'enivrer de Meg White Comme j'ai vu, en dehors des archives, Moe Tucker à l'Olympia, le grand soir où le Velvet Underground s'était reformé Comme hier soir Lucie Antunes mon corps explose mon cœur en mille notes et percussions J'aime les femmes batteuses leur monde est  mon monde Elle se campe fort dans le sol  - campée - jambes écartés et les bras tendus décharge d'énergie ce qu'il faut de sensible ce qu'il faut de force pour ainsi      marteler     effleurer     soulever     dompter des sons des coups du sonore et la répétition Comme j'aime la répétition Les filles qui (se) battent je n'ignore pas  le droit d'être faible je n'ai pas connu ce droit-là uniquement celui de se battre pour survivre alors les filles qui battent leur sensualité leur  concentration leur joie me soulèvent

Mélodie

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  Le lisse du silence - je lisse  Sur mes cils, rubans Le lisse du sil - je lisse Densité de falaise Son abrupt dévale mon larynx Silence de calcaire - d’ossements Mon squelette troué le vent Y passe Mauvaisement - mélodie mortelle Le silence son glacé Sur mes paupières, deux pièces

La ronde

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  Bouche hérissée de clous elle se plante devant les portes du paradis marteau lourd dans la poche elle s’empare cloue un par un  -  ils sortent de l’humide de sa bouche hérissée des barreaux de bois  -  barrer l’entrée à quiconque tenterait une enquête est en cours   -   long sourire mouillé elle construira un autre paradis  -    s’il est de mots tant pis    -     les mots abritent aussi  pour célébrer les femmes  chassées - pourquoi revenir ici ?  un retour, une quête identique au bercail où l’on t’a frappée où les siècles t’ont effacée dernier clou planté !planté !planté ! sa bouche vide de clous elle tourne les talons la poussière s’accumulera aux portes du paradis

Celui de Létroit

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     Ouinonouinon les fourmis grincent mes oreilles je vais quand même rabattre ta jupe et là oui non tu dis rien tes yeux blancs petite montagne mes côtes craquent sous leurs chaussures personne veut non ? installés au ciel vous autres      cracher une fois par terre, une fois dans l’œil de la bête      Piera ton dos c’est l’attente Piera ma bosse la montagne à ma taille      je vais pousser un mouton pour toi      mon bâton danse sur les dos      Les araignées volent les moustiques rampent      Mon herbier d’insectes écrasés entre deux feuilles      L’insectier      Le charnier      Le mourier      L’effrayé      Létroi ici ici-là l’étroit là Ici-Bas ce cadeau t’en veux pas      plus rien que                 - Les voilà ! les voilà !      Et moi ? mon nom      mes yeux grelottent ma langue claque chaque gorgée parle au fond de la tasse au liquide à la gorge aussi à l’espace là-devant. Le nez bouge quelque chose habite niche au fond      La peau ça vit dessous dans les narines au fond

Celui de l'Architecte

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lui sans son bâton - inimaginable instrument de mesure - instrument de correction formé, éduqué, grandi au bâton - ennemi devenu allié AUJOUR D’HIER C’est l’instant de voir. Ce que j’ai derrière la tête. Qu’est-ce que tu as derrière la tête ?  sa question quotidienne.   Aujourd’hui je peux l’écrire, ton massacre m’honore. Ces années dédiées à me détruire à m’esclavager à me réduire. Ces heures de peur dans les ténèbres les murs fermés le peu d’air l’aveugle lumière. D’où j’en suis c’est bien grâce à toi tes leçons tes brandissements. Brandir – la menace le bâton. Brandir – punitions humiliations. Brandir – l’intrusion la contamination. Brandir - jusqu’aux os et mes gémissements.           Maître, je veux t’inscrire au frontispice. Merci aux mauvais soins, à l’épreuve. Je sais bâtir des murs à l’épreuve. A l’épreuve de toi de vos injures de vos violences. Je sais maçonner la défense. Protéger les miens.           Toute une Construction le temps de comprendre. Déployer sans ployer. Dép