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  En ce moment, à la Galerie Karsten Greve : Pierrette Bloch : Différence et répétition

Le prénom a été modifié

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  La page du  Prénom a été modifié est le lieu des mots – la scène mais aussi la page est de la taille de la cave de la chambre de la salle d’audience le piège en haut en bas les deux phrases-barrages  C’est tout noir et marche devant seule droite avance en face debout Je m’assois par terre étourdie Entre : l’indicible entrent les crimes les cauchemars  les viols Mettre en scène : passer, repasser par les pages, par les viols, extraire tendre l’attention d’un fragment à l’autre tendre la tension la mise en scène mise en présence  mise en vie miser – sur l’écoute, la saccade le souffle les yeux fermés trois voix s’élèvent de la ténèbre trois voix porte-parole se figent se perlent s’approchent se rebroussent rampent vers le rectangle vide cette absence volumineuse incontournable insupportable ce trou  l’impact La voix plurielle circule de l’une à l’autre de l’un à l’une de l’autre à l’autre voix plantée dans des corps, voix dressée sur des visages, Le prénom devient prénoms, pluriels 

rrrrrr

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  murmures de la mémoire et murmure de mots et murmure des souvenirs et murmures du monde et murmures des complices et murmure de sa vie murmurante mourante   vieillards de cinquante années la plaque à l’obscurité des couloirs palpent le torse plat des mains des ombres fillette écrasée sur le mur boue de chair de salive serpent de terreur enfoncé sur toute la longueur de son corps de 122 cm   le couloir encore ! lieu des mauvaises rencontres mauvaises haleines mauvaises mains gigantesques parlent les dents disent tu as grandi*mots mauvais grandis tu es grande*maintenant 122 cm torse plat souffle court perforation de la cage thoracique mains gigantesques referment la cage L. se pisse dessus*bébé liquide brûle entre ses cuisses très maigres castagnettes elles tremblent   L. a conscience immédiatement être détruite elle peut elle l’est être mortelle elle est morte petite grande mûre & précoce murs & prépuce mues & précipices   les mots évidemment carapatés depuis le premier

Le prénom a été modifié

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  Du 24 au 26 mai 'Le prénom a été modifié' au théâtre de l'Opprimé Votre présence : c'est dire NON à cette société. Théâtre de l'Opprimé, 78 Rue du Charolais, 75012 Paris 24 →  26 mai 2024 VEN.- SAM. 20:30 DIM. 17:00 DURÉE : 1h

CREUX

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  Le chien déterre les morts Comme lui                elle appliquée couchée tordue enfoncée mélangée rampée dans la terre tout son visage ses mains ses genoux creuse au-delà de l’épuisée Les dents arrachent des bouffées de glaise les yeux alourdis de terre aux paupières les ongles allongés de noir Creuser creuser creuse S’enfoncer jusqu’à l’étouffement Retrouver les morts 

zéro

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  La carrière d’ocre sèche ses larmes                     coulées d’or et scarabée bleu pétrole il manque un rire à ma voix un œil à mon visage une main à mon corps un souffle à ma vie le gris partout, cendres défuntes, paysages et murs et l’animal et la rivière et l’intérieur de mes paupières et de ma bouche crache des ires et courbes d’interrogations je compte les moutons dans le champ voisin je compte nos dernières dernière traversée de Paris dernière exposition dernière terrasse dernière cigarette dernier contact ma main ton bras dernier projet dernière promesse dernière conversation dernier cadeau dernier rire dernier regard dernier aurevoir derniers mots dernier appel dernier sms derniers sauts de ciment versés dans ma tête transformée en obsolescence programmée 10 – 9 – 8 – 7 – 6 – 5 – 4 – 3 – 2 – 1

Gravats

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  La marche ce matin (notre marche) le sol défoncé  Ornières et déchirures Rebouchées ce matin (notre promenade) par des gravats  Pierres tuiles brisures béton cailloux Sol de marqueterie le paysage (le nôtre) s’aplanit  Posons les pieds nous ne nous noierons plus ne tomberons plus ne glisserons plus Je lève la tête (vers toi) je n’ai plus besoin de contrôler chacun de mes pas (vers toi) Je pense (à toi) au trou dans mon cœur aux crevasses dans ma chair aux ornières dans ma mémoire Va falloir (tu sais) va falloir demander aux gravats aux tuiles aux brisures aux cailloux De venir me combler me réparer me lisser Mais mon poumon en moins ne repoussera pas Mais mes yeux se sont multipliés par deux et ma tête de monstre encore plus monstre Mais mes mains tremblent au fil de mes mots Mais la plaie du paysage attendra plusieurs saisons image extraite de la vidéo La Crue d' Anne-Charlotte Finel