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Les ALBERS

  Anni Albers/détail tissage Je sais Lorsque de couleurs je chavire Lorsque dans la couleur je chavire Lorsque les salles d’exposition deviennent forêt Lorsque les larmes me nouent la gorge Lorsque je range le téléphone sors le crayon le carnet Lorsqu’Écrire Lorsqu’un battement de cœur, une idée /un battement de cœur, un désir /un battement de cœur, une envie Lorsque désir désir faire faire faire créer Lorsque je sens mes yeux ils crissent ils frottent ils se frottent aux œuvres     j amais assez Lorsque je chante d’une salle à l’autre d’une œuvre à l’autre je ris Lorsque je sais pourquoi j’existe l’amour existe lui-aussi Lorsque je respire            enfin Anni et Josef Albers L'art et la vie Du 10 septembre 2021 au 09 janvier 2022 au MAM
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morsure

  œil édenté ne passe plus par ici aucun éclat il faut attendre attendre le saut l'entrée dans le jour il faut attendre attendre ce jour à genoux  tête posée sur ton épaule attendre le jour mordu par notre regard

Jogging

  Jusqu’aux épaules dans le chemin creux cheminer de l’arbre à la table du potager au cahier de la cuisine à la chambre le chien danse en hauteur balancement de sa queue gyrophare nul joggeur ici

DENTAIRE

  le silence est plaqué sur ses dents comme un appareil orthodontique bagues et élastiques ça brille quand elle sourit mange déglutit cliquètements et postillons bouche fermée léger gonflement des lèvres posées  sur les tiges de métal tiennent en place le gros morceau de silence en avant / écarté/  en arrière /en surnombre parfois un mot se coince entre ses dents il faut corriger tout cela, redresser ce silence en bonnes postures

manquer

  Nous constatons le manque nous constatons le trou nous constatons les hypocrisies Nous constatons -                            comment le nourrir ?  Nous consignons les mensonges nous consignons les promesses nous consignons les rires Nos papiers noircis                          les rires affichés Nous consolons des planètes nous consolons dans des fossés dans des sècheresses Nous coulons

bander

  que ne feraient-ils pas pour avoir avoir AVOIR leur nom dans artpress enculer des enfants sucer des corps vierges que ne feraient-ils pas pour pouvoir pouvoir                       POUVOIR son nom inscrit sous des tonnes de chair en espérant très fort le bandeau sur les yeux de  la justice ALORS ALORS ALORS l'innocent n'est plus l'enfant ? mais l'adulte

II

  Leurs mots ont les jambes écartées Leurs regards ont les jambes écartées Leur ton l eurs phrases  ont les jambes écartées Leur odeur a les jambes écartées Leurs sourires leurs dents leur haleine       jambes écartées Leurs siècles ont les jambes écartées Leur domination leur assurance leur bruit ont les jambes écartées Leurs jambes ont les jambes écartées Leurs caresses leur sexe leurs salutations  jambes écartées Leurs bras leurs lèvres leurs attributs                     jambes écartées É cartez Vous D’eux  Les bouffeurs d’espace de liberté d’équité É cartez-vous de nous

La déboussole

  Elle tâte au fond de sa poche cinq doigts cinq plis cherchent soupèsent la déboussole planquée au fond de la poche elle plisse les yeux le paysage plisse le vent le ciel moutonne Perdue ce n’est plus la peine de le dire ni de le penser la déboussole serrée creux de la paume pile ou face magnétique nord ou sud elle virevolte les talons creusent des trous dans la terre le bitume aucune route n’est fiable finalement de sa poche extrait la déboussole balancier devant son regard par où aller la route est toujours la mauvaise tant d’allées secondaires de fossés de creux les uniques pas pressés indiqués par sa déboussole bien plantée au devant de sa tête licorne la mènent toujours au mauvais endroit des sommets battus de froid des déserts qui collent aux pieds des inconnus attendent le bruit de sa course petits sanglots se perdre étreint le cœur et les mâchoires la main ne se tend pas pour vite la ramener sur le bon chemin Elle replace la déboussole au fond de sa poche Referme dessus sa m

IV

  elle voulait écrire  devait devant l’impossible  l’impossibilité se projette dehors jette  pierre jeter des pierres à la face  du monde

les tâches

  nous font frotter le sol frotter le sol fille-frotte, fille-frotte nous font ravauder le drap ravauder le drap fille-fil, fille-fil nous font laver le linge, laver le linge fille-sale, fille-sale ma force ma force de fille je ne vais pas la laisser là sur le sol dans le seau les draps sales ma force je ne vais pas te la laisser ma force de fille je vais m'en servir en user  pour abattre tous les murs