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Affichage des articles du 2022

Vagabondages

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  Elles ont pris les armes, pris les devants, tué l’enfant, tué père mari amant violents, elles ont froissé le papier sur lequel la loi du mâle était écrite, roulé en boule le contrat, jeté aux ordures, elles ont, ou rien N’ont rien fait que d’être fille, que d’être sortie par les rues que d’avoir chanté à tue-tête, d’avoir vagabondé Je vagabonde Tu vagabondes Il vagabonde, fils malin Nous vagabondons Vous vagabondez Elles vagabondent, filles tapin Petite fille deviendra grande cela suffit à agiter la surface du monde, motif à enfermer Enfermez-les Pour préservez la société, réserve naturelle Ce qu’elles désiraient ces enfants c’était se réveiller dans la brume, ouvrir les yeux dans le paysage, conquérir leur terre monter à cheval parcourir miles et kilomètres, poser les fondations de leur empire, régner Preuses, chevaleresses, seigneures ! Ce qu’elles désirent, conquérir, exister, liberté Ce qu’elles désirent, montrer leur force, leur intelligence Que nous admirions leur endurance leu

Colors

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  La nature me dévêt du noir La nature me dévie Progressivement mue  Mon moi progresse Les couleurs se posent Du bleu du rose du orange Ce que l’on nomme Couleurs La nature pèle mes noirs Mes couches de noirs De l’ado à aujourd’hui Je vais nue L’amour m’a offert un paysage de couleurs

Carcasse

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  d’une lame affutée et interminable elle sépare le gras des mots le tranchant passe étincelant fil affuté et interminable entre les filaments des lettres qu’ils soulèvent détachent découpent nettement interminable la séparation du gras et de la viande du mot

Hannah et ses échinops

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  Hannah Höch en son jardin, 1970 & Perrine en son jardin, 2022 "nos échinops" Le Journal du MOUVEMENT DADA , ce sont 230 pages . Publié chez SKIRA en 1989 - emblématique de tout ce qui a été écrit, de tout ce qui est écrit sur DADA. 230 pages de plus.  Marc Dachy écrit      -      il écrit DADA, c’est-à-dire qu’il écrit les hommes DADA. Sur les 230 pages Hannah Höch a le droit à 2 lignes complètes - je ne compte pas les fois où son nom apparaît au milieu d’autres noms. Les 2 lignes complètes sont : 1 - "Hannah Höch, après avoir séjourné aux Pays-Bas dans l’entourage de Stijl de 1926 à 1929, s’est cachée dans la maison du gardien d’un aéroport désaffecté de Heiligensee (nord de Berlin) durant toute la guerre. " 2 - "En 1978, à Berlin, Hannah Höch, dans la maison où elle s’était cachée durant la guerre."  (l'auteur parle de son décès) cachée......................durant..........................toute.............................la..................

Lucie Antunes

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  Les filles qui battent font battre mon cœur Comme j'allais écouter The White Stripes pour m'enivrer de Meg White Comme j'ai vu, en dehors des archives, Moe Tucker à l'Olympia, le grand soir où le Velvet Underground s'était reformé Comme hier soir Lucie Antunes mon corps explose mon cœur en mille notes et percussions J'aime les femmes batteuses leur monde est  mon monde Elle se campe fort dans le sol  - campée - jambes écartés et les bras tendus décharge d'énergie ce qu'il faut de sensible ce qu'il faut de force pour ainsi      marteler     effleurer     soulever     dompter des sons des coups du sonore et la répétition Comme j'aime la répétition Les filles qui (se) battent je n'ignore pas  le droit d'être faible je n'ai pas connu ce droit-là uniquement celui de se battre pour survivre alors les filles qui battent leur sensualité leur  concentration leur joie me soulèvent

Mélodie

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  Le lisse du silence - je lisse  Sur mes cils, rubans Le lisse du sil - je lisse Densité de falaise Son abrupt dévale mon larynx Silence de calcaire - d’ossements Mon squelette troué le vent Y passe Mauvaisement - mélodie mortelle Le silence son glacé Sur mes paupières, deux pièces

La ronde

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  Bouche hérissée de clous elle se plante devant les portes du paradis marteau lourd dans la poche elle s’empare cloue un par un  -  ils sortent de l’humide de sa bouche hérissée des barreaux de bois  -  barrer l’entrée à quiconque tenterait une enquête est en cours   -   long sourire mouillé elle construira un autre paradis  -    s’il est de mots tant pis    -     les mots abritent aussi  pour célébrer les femmes  chassées - pourquoi revenir ici ?  un retour, une quête identique au bercail où l’on t’a frappée où les siècles t’ont effacée dernier clou planté !planté !planté ! sa bouche vide de clous elle tourne les talons la poussière s’accumulera aux portes du paradis

Celui de Létroit

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     Ouinonouinon les fourmis grincent mes oreilles je vais quand même rabattre ta jupe et là oui non tu dis rien tes yeux blancs petite montagne mes côtes craquent sous leurs chaussures personne veut non ? installés au ciel vous autres      cracher une fois par terre, une fois dans l’œil de la bête      Piera ton dos c’est l’attente Piera ma bosse la montagne à ma taille      je vais pousser un mouton pour toi      mon bâton danse sur les dos      Les araignées volent les moustiques rampent      Mon herbier d’insectes écrasés entre deux feuilles      L’insectier      Le charnier      Le mourier      L’effrayé      Létroi ici ici-là l’étroit là Ici-Bas ce cadeau t’en veux pas      plus rien que                 - Les voilà ! les voilà !      Et moi ? mon nom      mes yeux grelottent ma langue claque chaque gorgée parle au fond de la tasse au liquide à la gorge aussi à l’espace là-devant. Le nez bouge quelque chose habite niche au fond      La peau ça vit dessous dans les narines au fond

Celui de l'Architecte

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lui sans son bâton - inimaginable instrument de mesure - instrument de correction formé, éduqué, grandi au bâton - ennemi devenu allié AUJOUR D’HIER C’est l’instant de voir. Ce que j’ai derrière la tête. Qu’est-ce que tu as derrière la tête ?  sa question quotidienne.   Aujourd’hui je peux l’écrire, ton massacre m’honore. Ces années dédiées à me détruire à m’esclavager à me réduire. Ces heures de peur dans les ténèbres les murs fermés le peu d’air l’aveugle lumière. D’où j’en suis c’est bien grâce à toi tes leçons tes brandissements. Brandir – la menace le bâton. Brandir – punitions humiliations. Brandir – l’intrusion la contamination. Brandir - jusqu’aux os et mes gémissements.           Maître, je veux t’inscrire au frontispice. Merci aux mauvais soins, à l’épreuve. Je sais bâtir des murs à l’épreuve. A l’épreuve de toi de vos injures de vos violences. Je sais maçonner la défense. Protéger les miens.           Toute une Construction le temps de comprendre. Déployer sans ployer. Dép

Celui de Jeanne

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  C'est Jeanne l'enfant Jeanne l'apprivoisée C'est Jeanne  cristalline ses 10 ans ces dix arbres la musique du bâton Jeanne décampe. Elle se perd dans dix arbres, pendant des heures, parfois des jours. Elle cherche les coins d’herbe, les chemins qui s’enfoncent, la végétation chaotique. Elle cherche Maman. De la pointe d’une branche, elle trace dans la terre                                M      A      M           A           N Les larmes de Jeanne dispersent les lettres. Elle repart, accélère sa course devant les grilles, son bâton rebondit de barreau en barreau. Jeanne s’arrête pour laisser passer un cadavre qui quitte l’hôpital sur son brancard de bois, entouré d’une couverture, attaché par une grosse sangle qui tient fermement l’ensemble : le cadavre, la couverture, la mort. ___________________________________________________________________________________ Les trois maisons , éd. d'en bas, 2021

Celui de la Bête

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Bâton-signe Bâton-sang Bâton-veines C'est ici, le bâton le dit Je serai enterrée ici en travers Du chemin buissonnier Lorsqu’ils y marcheront Leur bâton en éclaireur s’ils s’arrêtent Fleurira ________________________________________________________________________________________ La Bête, son corps de forêt, éd. Les Inaperçus, 2020 Illustration : Norman Rockwell, He silently glided along in front of her while the woods sheltered them, 1916

Celui d'Eugen

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Sans doute m'ont-ils laissé des indices pour que jamais je ne les oublie le bâton est un indice S’astreint aux débaptêmes tant que rien n’est nommé les fonctions sont nulles, la réalité étrangère, sa marche clandestine méconnue m’est connue mais connue comme les mots comme les objets il lui reste peu de jeu mais le péril d’inventer une issue où se faufiler. Il contemple avec ravissement l’air qui le sépare de ses objets, déblaie les carcasses touche sa couture saisit par les orteils l’obstacle – une canne à pêche – tombé en travers de sa route sur fond dynamique de la masse du corps, action coordonnée et isolée du membre antérieur - mais rien sur sa face - type chimpanzé habile aux opérations digito-palmaires de saisie d’autres diagonales, balais, bâtons, branches, troncs, conduits de cuisinières, cheminées d’usine, câbles haute tension, les membres antérieurs inépuisables balancent d’un côté de l’autre toutes sortes de composants en retombant construisent une forêt dense prête à c

Celui de Jeannot

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Un ami m'écrit hier soir : il organise une exposition sur le BÂTON - Je réfléchis aux bâtons - Ceux qui ont traversé mon écriture, comment apparaissent-ils - Brisés brandis caressés, ils écrivent ils suppléent ils organisent - J'ai parcouru mes livres à la recherche des bâtons, je commence avec celui de Jeannot :                                   Je n’ai rien vu. Verrai rien. Jamais. Ni dans la grange, ni dans la chambre, ni dans le champ.   La bête je la vois pas. La bête aux yeux dilatés de peur. À chacune de ses apparitions, je ne vois rien, je ne dis rien, je n’invente rien.             Je cours. Le bois. Je cours. Le bâton. Je frappe. Je frappe et refrappe. Le bâton heurte la terre, rebondit, frappe l’air. Ouvre la terre.                   Se casse au ras de ma main. ____________________________________________________________________________________ [ Le plancher - 1ère édition Les doigts dans la proseX2013, 2ème édition L'EveilleurX2018, 3ème édition, à paraître

Bastons

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  depuis la nature, mon arrivée dans la nature  le bâton remplace le crayon chaque matin j’écris au bâton je marche j’avale la nature par les jambes  ces muscles-là lettres bâtons je relie les points les uns aux autres dessine cosmogonies folies incertitudes quadrilatères nulle errance des déboussolements des décrochements des évasions le bâton frappe régulièrement devant moi il ouvre la voie éclaircit la gorge il tripote le sol soulève beautés et vermines il secoue mon cerveau remet de l’ordre bâton d’écrit pour se battre se défendre  je fends l’air je frappe je chevauche s’aventurer si le soleil continue de se lever j’irais

Soudain Nijinski

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  Délice Je glisse dans l’enveloppe le contrat signé Ainsi Nijinski - mon Nijinski sera publié l’année prochaine Il n’aura pas attendu - nous n’aurons pas attendu - espéré - lente décomposition, refus après silence après refus Les 3, 4, 5 années, parfois 10 années réglementaires Publier est toujours un cauchemar - vingt livres plus tard, publier est toujours une désespérance La même obscurité Mais voilà Soudain Nijinski Mon Nijinski - combien en ai-je croisé depuis 2015 , ma sidération, le début de notre histoire ?  Depuis j’ai choisi ton orthographe, les 3 i de ton nom Depuis 7 années - archives, articles, discussions, émotions, écritures, vagabondages, extrait Te retrouver, nos rendez-vous, en bibliothèques, dans ma chambre, dans des couloirs, des séminaires, des secrets, des soirées Filles avec un Cerveau chacune, où par la générosité de Milady Renoir nous nous sommes, pour la première fois, montrés ensemble Depuis - l’année où une archive a tout fait basculer, la légende, je compr

Soleil de minuit

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  On parle d’une affaire On parle d’un jeune homme On parle d’une disparition inquiétante On parle d’un jeune homme mort On parle d’une Fête de la musique On parle d’ordre aberrant On parle de jeunes gens qui dansent On parle d’un jeune homme mort On parle d’assaut massif et inhabituel  On parle d’êtres tombés dans la Loire On parle de négligence  On parle d’un jeune homme mort On parle d’un mouvement de panique  On parle de free-party On parle de pouvoir politique On parle d’un jeune homme mort On parle  d’un jeune homme  mort Nuit du 21 au 22 juin 2019, Steve Maia Caniço, Nantes 

cartographie

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  Il n’est pas étonnant                 De trouver Deligny ici Il n’est pas étonnant                 De suivre au sol des lignes courbes directions Il n’est pas étonnant                 D’errer ici Il n’est pas étonnant                 des espaces déplacés des déplacements des espaces                 collages superpositions de structures                                d’architectures                                dedans dehors Il n’est pas étonnant      maitrise de matériaux      étranges fils de cuivre et lignes de lourd et de léger Il n’est pas étonnant        la forêt dans une pièce le rideau devant les immeubles les aplats et la mine de plomb Il n’est pas - les failles des presque corps les bonbonnes d’hydrogène les troncs poussent au milieu des fresques il n’est pas - des décalages comme des pierres extraites abstraites carrières et des grandes couleurs Il n’est pas étonnant lever ou baisser la tête la désorienter cartographie d’échafaudages cartographie échafaudée des mécanisme

fantômes

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L'herboristerie

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  la forêt sent l’herboristerie blés bleus mes cils coupent les fils                  «                  je vois neuf» te dis-je centenaire elle me rit au nez ensuite nous rentrons avalés par une marée de pierres on nous a dit                 «                  la nuit les pierres poussent » Je lui monstre les murs, doigt sur la bouche nous écoutons  sa respiration et les voix des aspérités

Multiples

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Rendez-vous, Marché de la poésie - Place Saint-Sulpice - samedi 11 et dimanche 12 juin 

Le sablier

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  Au parc elles montrent des  visages vides  Évidées - où sont-elles ? Assises au bord du bac à sable Bord de leur vie Ne temps ne s’écoule pas Figé Ne mets  pas ça dans ta bouche rends lui son râteau Bac à sable bac des heures des jours des années Le parc Sourire flou, ailleurs être ailleurs Ce sacrifice - heures, jours, années Être ailleurs  Ce temps définitivement perdu Rends-lui sa pelle remets ton chapeau Les forces fondues L’absence ce regard c’est l’absence le précipice le grand La plathitude 

Métamorphoses

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  - ce n’est plus de papier c’est trop lourd et le Pavillon n’est plus pavillon c’est une île et notre maison n’est plus une maison mais un gué et notre jardin n’est plus un jardin c’est une jungle et notre amour n’est plus un amour c’est une fortification et le village n’est plus un village c’est une enceinte et le monde n’est plus le monde c’est un jouet et l’écriture c’est la guerre -

Cendres

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                           D ans les sillons de l’eau                           N ous avons semé                           V os cendres                          L égères                            M ère et père

Parfums

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  le bois sent le meuble le silence sent la tapisserie la truite sent le miroir la lame sent les larmes la conversation sent les intestins la belle sent la bête l’encre sent mes mains

dé calage

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  ce très léger dé     calage cette traversée trou où ne plus tomber 3 sifflements le ciel seul chevaux masqués très léger dé calage

nous n’étions pas censées survivre

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  Je remue mes joues Tyrannies dégluties À en crever  Je remue mes joues Même la grammaire fourvoyée Couverte de sperme Je remue mes jours Crache une nouvelle langue Je détexte je détexte M’entends-tu ?

No Return

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  Je sais juste que je veux être merveilleuse Sometimes it's peaceful and sometimes wild and free Love is a traveler on the river of no return Gansée, corsage orange assise sur le piano voix parfaite, cascade de fleurs sur l’épaule Au centre des attentions, au centre des désirs Seule avec elle-même Marilyn dramatique sans que nul ne s’en aperçoive Quand elle ferme les yeux, son front bouleversé Ils applaudissent, elle dérive  sur cette rivière dont on ne revient pas [Marylin Monroe in  River of No Return,  Otto Preminger,1954]

Niagara

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  Sa jambe en avant ses dents serrés, pouvez-vous jouer cet air là ?  Satin rose, voulez-vous m’embrasser ?  Mousseline blanche sur ses épaules, fredonnements   Yeux clos, son épaule qui s’avance, perfection L’homme surgit - brise le disque - brise Marylin - une porte claque [Marylin Monroe in Niagara  de Henry Hathaway , 1953]

les aveux

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  Mais l’œil. Tes yeux. Les yeux dans tes collages une véritable collection de regards de cyclopes de myopies d’expressions. L’œil tel qu’il voit tel que tu le vois la violence magique du regard. Tantôt écarquillé. Tantôt clôt. Tantôt minuscule. Tantôt caché. Tantôt à facettes. Toujours différent. L’un ou l’autre ou les multiples. Tantôt pliés. Tantôt crevés. Bancals. Leur coquetterie leur langage. Yeux beaux, énormes, grands, gros, splendides; yeux bridés, globuleux, ronds, à fleur de tête, en vrille; yeux battus, bouffis, boursouflés, caves, cernés, creux, enfoncés, fiévreux, gonflés, morts, plissés, pochés; le mouvement des yeux, baisser, lever les yeux, écarquiller les yeux, faire de gros yeux, rouler les yeux; des yeux fardés, bleu d'azur, bruns, clairs, foncés, vairons. Les yeux blancs les yeux vagues les yeux perçants les yeux des femmes et des hommes qui partagent tes secrets. Les aveux. Œil de biche, de carpe, de chien battu, de chien fidèle, de gazelle, de hibou, de lynx,

NE PAS BLESSER

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  et je tremble et j’ai peur et cette incessante agitation des phrases des mots  des interrogations autour des phrases des mots ma tête épuisée des pensées descendantes dans la colonne vertébrale remontantes dans le liquide spinal mots noirs taurillons aux cornes emballées apocalypse morose mesurer ses charges poussière, tourbillons.

Le 7 avril - Mesure et démesure

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  L’écriture, mesure et démesure CONFÉRENCE  Jeudi 7 avril 2022, 18h30 Auditorium Henri Grenet Cité des Arts, 3 av. Jean Darrigrand, Bayonne (entrée libre) À l'invitation de l' Ecole supérieure d'art du Pays Basque Dans les plis de La Construction , traquer La Bête, son corps de forêt , débusquer Bacon le cannibale , repartir dans les couloirs éclairés de Feux, aux fenêtres se pencher, suivre le vol des Alouettes . Lèvres brillantes de Rouge pute , fredonner La Ritournelle et franchir d’autres seuils : Pieds nus dans R. , nous traverserons les Ruines , passant Vers Valparaiso , frôlant La Patagonie . Avec à nos côtés Les tondues , lentement s’approcher du Plancher , le lieu de L’Apparition . Ici, de nos Bec et ongles , nous bâtirons Les trois maisons , maisons d’écritures et de déraison, de mesure et de démesure, les trois maisons d’Hannah* * Le prénom a été modifié

(1968- )

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  À six ans le premier recueil les agrafes morsures dans le papier  soigneusement calligraphié soigneusement découpé le public dans le canapé la famille devant le téléviseur l’enfant son recueil  3cm x 4cm ne lira pas impossible d’attirer  attirer l’attention le regard l’intérêt il n’y a que le travail pour se sauver de la noyage de l’absence de regard Alors je me suis mise à danser sans aveu ni rétractation qu’après avoir risqué la mort  chaque jour chaque mot D’année en années l’éternité outsider ni pression ni concession ma biblio est ma bio

Les Alouettes

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  En hiver 2019, lorsque je suis partie travailler à Genève auprès de femmes victimes de violences conjugales, cela faisait moins d'une année que j'avais terminé Rouge pute . Les phrases que j'ai le plus entendues lorsque j'expliquais les raisons de mon départ à Genève ont été : 1. Encore ?!           et 2. En Suisse aussi ? Encore oui En Suisse aussi, oui En France en Suisse au Japon sur tous les continents, dans toutes les villes tous les villages, entre les murs domestiques, en public oui Quand allez-vous les entendre ? Quand allez-vous écouter ? Quand allez-vous les croire ? MERCI à Antea Tomicic d'avoir porté le projet des Alouettes , à l'association AAVEC pour la rencontre avec ses femmes exceptionnelles, aux éditions,  en bas  et  La Contre-Allée , à Chihiro Aikawa, la traductrice de Rouge pute au Japon, à Pablo Fante, le traducteur de Rouge pute au Chili. Merci aux voix qui s'emparent de ces textes et les lisent, les disent, les transmettent. Les

Généalogie

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  S             Les mères roides U            Les mères droites les mères malades R            Les maladroites les malmenantes les malmenées P            Les surmenées les surmontantes les spectatrices L            Les destructrices les directrices les dirigeantes O           Les dérangées les étrangères les mégères M           Les mutilantes les humiliantes P             Les mères meurtries les meurtrières     S             Les mères oreilles U            Mères oreillers mères coussins R            Mères main mères pain P             Les mères mille-pattes les mères quatre pattes L             Les louves les douces les douves U            Les mères touche les mères bouche M           Les mères mouche-toi les abrite-toi E               Les mères qui ont des mères qui ont des mères qui ont des mères qui sont des mères qui ont                     des mères qui sont des mères qui ont des mères qui ont des mères