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Affichage des articles du 2022

Soleil de minuit

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  On parle d’une affaire On parle d’un jeune homme On parle d’une disparition inquiétante On parle d’un jeune homme mort On parle d’une Fête de la musique On parle d’ordre aberrant On parle de jeunes gens qui dansent On parle d’un jeune homme mort On parle d’assaut massif et inhabituel  On parle d’êtres tombés dans la Loire On parle de négligence  On parle d’un jeune homme mort On parle d’un mouvement de panique  On parle de free-party On parle de pouvoir politique On parle d’un jeune homme mort On parle  d’un jeune homme  mort Nuit du 21 au 22 juin 2019, Steve Maia Caniço, Nantes 

cartographie

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  Il n’est pas étonnant                 De trouver Deligny ici Il n’est pas étonnant                 De suivre au sol des lignes courbes directions Il n’est pas étonnant                 D’errer ici Il n’est pas étonnant                 des espaces déplacés des déplacements des espaces                 collages superpositions de structures                                d’architectures                                dedans dehors Il n’est pas étonnant      maitrise de matériaux      étranges fils de cuivre et lignes de lourd et de léger Il n’est pas étonnant        la forêt dans une pièce le rideau devant les immeubles les aplats et la mine de plomb Il n’est pas - les failles des presque corps les bonbonnes d’hydrogène les troncs poussent au milieu des fresques il n’est pas - des décalages comme des pierres extraites abstraites carrières et des grandes couleurs Il n’est pas étonnant lever ou baisser la tête la désorienter cartographie d’échafaudages cartographie échafaudée des mécanisme

fantômes

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L'herboristerie

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  la forêt sent l’herboristerie blés bleus mes cils coupent les fils                  «                  je vois neuf» te dis-je centenaire elle me rit au nez ensuite nous rentrons avalés par une marée de pierres on nous a dit                 «                  la nuit les pierres poussent » Je lui monstre les murs, doigt sur la bouche nous écoutons  sa respiration et les voix des aspérités

Multiples

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Rendez-vous, Marché de la poésie - Place Saint-Sulpice - samedi 11 et dimanche 12 juin 

Le sablier

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  Au parc elles montrent des  visages vides  Évidées - où sont-elles ? Assises au bord du bac à sable Bord de leur vie Ne temps ne s’écoule pas Figé Ne mets  pas ça dans ta bouche rends lui son râteau Bac à sable bac des heures des jours des années Le parc Sourire flou, ailleurs être ailleurs Ce sacrifice - heures, jours, années Être ailleurs  Ce temps définitivement perdu Rends-lui sa pelle remets ton chapeau Les forces fondues L’absence ce regard c’est l’absence le précipice le grand La plathitude 

Métamorphoses

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  - ce n’est plus de papier c’est trop lourd et le Pavillon n’est plus pavillon c’est une île et notre maison n’est plus une maison mais un gué et notre jardin n’est plus un jardin c’est une jungle et notre amour n’est plus un amour c’est une fortification et le village n’est plus un village c’est une enceinte et le monde n’est plus le monde c’est un jouet et l’écriture c’est la guerre -

Cendres

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                           D ans les sillons de l’eau                           N ous avons semé                           V os cendres                          L égères                            M ère et père

Parfums

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  le bois sent le meuble le silence sent la tapisserie la truite sent le miroir la lame sent les larmes la conversation sent les intestins la belle sent la bête l’encre sent mes mains

dé calage

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  ce très léger dé     calage cette traversée trou où ne plus tomber 3 sifflements le ciel seul chevaux masqués très léger dé calage

nous n’étions pas censées survivre

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  Je remue mes joues Tyrannies dégluties À en crever  Je remue mes joues Même la grammaire fourvoyée Couverte de sperme Je remue mes jours Crache une nouvelle langue Je détexte je détexte M’entends-tu ?

No Return

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  Je sais juste que je veux être merveilleuse Sometimes it's peaceful and sometimes wild and free Love is a traveler on the river of no return Gansée, corsage orange assise sur le piano voix parfaite, cascade de fleurs sur l’épaule Au centre des attentions, au centre des désirs Seule avec elle-même Marilyn dramatique sans que nul ne s’en aperçoive Quand elle ferme les yeux, son front bouleversé Ils applaudissent, elle dérive  sur cette rivière dont on ne revient pas [Marylin Monroe in  River of No Return,  Otto Preminger,1954]

Niagara

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  Sa jambe en avant ses dents serrés, pouvez-vous jouer cet air là ?  Satin rose, voulez-vous m’embrasser ?  Mousseline blanche sur ses épaules, fredonnements   Yeux clos, son épaule qui s’avance, perfection L’homme surgit - brise le disque - brise Marylin - une porte claque [Marylin Monroe in Niagara  de Henry Hathaway , 1953]

les aveux

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  Mais l’œil. Tes yeux. Les yeux dans tes collages une véritable collection de regards de cyclopes de myopies d’expressions. L’œil tel qu’il voit tel que tu le vois la violence magique du regard. Tantôt écarquillé. Tantôt clôt. Tantôt minuscule. Tantôt caché. Tantôt à facettes. Toujours différent. L’un ou l’autre ou les multiples. Tantôt pliés. Tantôt crevés. Bancals. Leur coquetterie leur langage. Yeux beaux, énormes, grands, gros, splendides; yeux bridés, globuleux, ronds, à fleur de tête, en vrille; yeux battus, bouffis, boursouflés, caves, cernés, creux, enfoncés, fiévreux, gonflés, morts, plissés, pochés; le mouvement des yeux, baisser, lever les yeux, écarquiller les yeux, faire de gros yeux, rouler les yeux; des yeux fardés, bleu d'azur, bruns, clairs, foncés, vairons. Les yeux blancs les yeux vagues les yeux perçants les yeux des femmes et des hommes qui partagent tes secrets. Les aveux. Œil de biche, de carpe, de chien battu, de chien fidèle, de gazelle, de hibou, de lynx,

NE PAS BLESSER

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  et je tremble et j’ai peur et cette incessante agitation des phrases des mots  des interrogations autour des phrases des mots ma tête épuisée des pensées descendantes dans la colonne vertébrale remontantes dans le liquide spinal mots noirs taurillons aux cornes emballées apocalypse morose mesurer ses charges poussière, tourbillons.

Le 7 avril - Mesure et démesure

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  L’écriture, mesure et démesure CONFÉRENCE  Jeudi 7 avril 2022, 18h30 Auditorium Henri Grenet Cité des Arts, 3 av. Jean Darrigrand, Bayonne (entrée libre) À l'invitation de l' Ecole supérieure d'art du Pays Basque Dans les plis de La Construction , traquer La Bête, son corps de forêt , débusquer Bacon le cannibale , repartir dans les couloirs éclairés de Feux, aux fenêtres se pencher, suivre le vol des Alouettes . Lèvres brillantes de Rouge pute , fredonner La Ritournelle et franchir d’autres seuils : Pieds nus dans R. , nous traverserons les Ruines , passant Vers Valparaiso , frôlant La Patagonie . Avec à nos côtés Les tondues , lentement s’approcher du Plancher , le lieu de L’Apparition . Ici, de nos Bec et ongles , nous bâtirons Les trois maisons , maisons d’écritures et de déraison, de mesure et de démesure, les trois maisons d’Hannah* * Le prénom a été modifié

(1968- )

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  À six ans le premier recueil les agrafes morsures dans le papier  soigneusement calligraphié soigneusement découpé le public dans le canapé la famille devant le téléviseur l’enfant son recueil  3cm x 4cm ne lira pas impossible d’attirer  attirer l’attention le regard l’intérêt il n’y a que le travail pour se sauver de la noyage de l’absence de regard Alors je me suis mise à danser sans aveu ni rétractation qu’après avoir risqué la mort  chaque jour chaque mot D’année en années l’éternité outsider ni pression ni concession ma biblio est ma bio

Les Alouettes

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  En hiver 2019, lorsque je suis partie travailler à Genève auprès de femmes victimes de violences conjugales, cela faisait moins d'une année que j'avais terminé Rouge pute . Les phrases que j'ai le plus entendues lorsque j'expliquais les raisons de mon départ à Genève ont été : 1. Encore ?!           et 2. En Suisse aussi ? Encore oui En Suisse aussi, oui En France en Suisse au Japon sur tous les continents, dans toutes les villes tous les villages, entre les murs domestiques, en public oui Quand allez-vous les entendre ? Quand allez-vous écouter ? Quand allez-vous les croire ? MERCI à Antea Tomicic d'avoir porté le projet des Alouettes , à l'association AAVEC pour la rencontre avec ses femmes exceptionnelles, aux éditions,  en bas  et  La Contre-Allée , à Chihiro Aikawa, la traductrice de Rouge pute au Japon, à Pablo Fante, le traducteur de Rouge pute au Chili. Merci aux voix qui s'emparent de ces textes et les lisent, les disent, les transmettent. Les

Généalogie

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  S             Les mères roides U            Les mères droites les mères malades R            Les maladroites les malmenantes les malmenées P            Les surmenées les surmontantes les spectatrices L            Les destructrices les directrices les dirigeantes O           Les dérangées les étrangères les mégères M           Les mutilantes les humiliantes P             Les mères meurtries les meurtrières     S             Les mères oreilles U            Mères oreillers mères coussins R            Mères main mères pain P             Les mères mille-pattes les mères quatre pattes L             Les louves les douces les douves U            Les mères touche les mères bouche M           Les mères mouche-toi les abrite-toi E               Les mères qui ont des mères qui ont des mères qui ont des mères qui sont des mères qui ont                     des mères qui sont des mères qui ont des mères qui ont des mères

ATTITUDES

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  Mains plaquées s’enfoncer les yeux - bouteille d’eau et tout ce qui s'avale, entre dans la gorge dénoue noie - front soutenu/principalement par la main - départ soudain et crépitant sur le clavier muet depuis plusieurs minutes/heures - s’attacher les cheveux se détacher les cheveux lisser ses cheveux s’arracher les cheveux élastiques doigts barrettes coin de la bouche mâchouiller - regarder au loin le flou l’horizon le mur traverser le mur regarder au-delà régler sa vision regarder au près le mur le net le pixel - mâcher lécher mordre, bonbons caramels chocolats lèvres joues crayon ongles genoux - balancement de la voix hmmm hmmm chaise aller-retour corps instable désinstallé en équilibre en lévitation - corps installé plombé de marbre de tôle ondulée de goudron - étirements cou/bras/épaule/dos/doigts/jambes - contractions décontraction tractions chantonner ânonner gueuler pleurer - incurable - se gratter se moucher renifler - éblouie éboulée effondrée éblouie éboulée enfoncée -

EN MARS

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  TABLE RONDE / PERFORMANCE / LECTURES / RENCONTRES  LA ROCHE-SUR-YON : AIX-EN-PROVENCE : MORLAIX :  MELLIONNEC VOUS Y ÊTES

HIPPIES

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Caverne

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  elle se tient  sur la plus haute marche tête contre le mur yeux plongés dans les ténèbres d’une voix écrite comme jamais auparavant comme jamais ensuite

Traduction

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  Rouge pute   sort au Japon, aux éditions  Shinsen Sha Chihiro Aikawa en est la traductrice, engagée, militante et précise. Au Japon les violences conjugales n'existent pas : interdit d'en parler. Avec  Rouge pute  (  真っ赤な口紅をぬって ), nous allons en parler.

Algira

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  La tête sous le bras reprendre confiance par le fleuve  au fil des kilomètres  passés à trébucher  galets et écrevisses meurtrissent  mais voilà que se dresse la Stèle aux Dames noyées trois fois noyées les petites filles dans leur baignade en hommage à la femme de lettres la passagère elle règne ici on peut la surprendre dans le vol de l’algira  ou le marbre ébréché d’un buste à demi caché par la floraison de l’églantier la rose des chiens

Civilisation

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Puissè-je, pense R., dire ce que je dois, ne jamais revenir sur terre, ne jamais sortir de ces murs, ne plus jamais compter les années ; je veux comme la bête avoir lutté de toute ma splendeur, puissè-je montrer ma splendeur, ne plus jamais vous regarder, ni même croiser vos regards ; puissè-je être le sang de vos yeux la violence de vos rétines l’écroulement de votre civilisation ; je veux m’avancer droite vers la mort sous vos cris vos flashs votre haine vous saluer d’un simple mouvement de la tête vous pulvériser. 

Nocturne

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  - À ce soir. Ce soir et tous les soirs il      rentre. La porte blindée ouverte et refermée.  Ce soir et tous les soirs passer la porte embrasser l’enfant et bientôt se retrouver autour de la table avaler le poison en hochant la tête il raconte sa journée chaque mot dans sa doublure d’argent et de prospérité. La renommée vient au dessert dans l’assiette au liseré d’or. Hocher encore la tête tamponner très doucement les lèvres douloureuses replacer la perruque – blonde lourde frange, l’enfant sort de table N’oublie pas de faire ta prière. La soirée existe une heure après l’autre puis le corps de madame est servi froid entre les draps du devoir conjugal.

staccato

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  mots engelures corset serré  l’hiver est rude aucune plainte cependant percent  les petites têtes obstinées des cyclamens  dans la furie incessante du froid champ gelé crêtes de cristaux que le chien dans sa course concasse le chêne blanc ne prononce aucune promesse n’exige aucun sacrifice aux branches désespérées papier toilette maculé étendard de merde chierie humaine drapeau droit  l’homme ne se laisse pas facilement oublier

Contraction

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  Elle organise le poème ses mains renversent la prose dans la brouette    tombe monticule lors de l’effroyable silence  la fille s’est dégagée de la langue les bras courts le front droit la mâchoire effacée fleurie de dents se ferme et s’ouvre comme elle est là coudes appuyés jumelles à portée mater les oiseaux poémiques furtifs comme l est calme et seule fatiguée d’écriture luxure  --- comme une verroterie les lettres tombent l suffit

Biographie

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Par mimétisme se transforme en écorce en verbe en mulot parfois met de l’ordre sur les chemins branches cailloux lianes cadavres alignés elle respire comme le chien d’un bond évite les absences «  Ne criez pas ! » crie une voix plutôt réviser sa biographie  évidée la raccourcir la ramasser si sûre d’elle qu’elle ne relie pas indique seulement les directions dominantes du chien la truffe de cuir sa tête danse au soleil du cheval la grande cambrure ses secrets glissés entre les dents de la fille la peau de mousse sacrum saillant os à os elle décompte dans un paysage dessiné au vent

SOUSTRACTION

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  frissons de peau et d’oreilles ondulations rampantes le flou partout la rébellion du corps sur leurs têtes les vertèbres du ciel craquent le succès c’était ça parvenir à éclore à débuter une autre vie à venir jusqu’à la nature pas y revenir  enfant des villes rat des cités des vitesses des dangers des égorgements des attentats  fureurs & compétitions le succès c’était ça le chien au flanc avoir envisagé le choix venir au lent ils la bousculent : «  N’as-tu pas peur d’être MOINS  Moins invitée, moins écoutée, moins lue, moins crue, moins visible ? » être moins, soulagement

l'écart

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  Militante du peu, du rien, du moins que rien militer ailleurs militer bras au ciel militante pour l’air l’arbre la bête militer pour l’écart militer écartée c’est toujours s’éloigner des brutalités des pressantes demandes pensée promenées dans la rosée  matinale le chien boit l’herbe il faut rincer  les gueules de la mort qu’attendent-ils de la poésie ? transformer la laideur en mots en beauté transformer la précarité en mots en richesse transformer les traumas en mots en poésie  transformer le béton en mot en espoir transformer l’impossible transfigurer passer au travers du réel ………………………… [illustration : Zô Sanshôshi kyôka, 1830]

2022

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  À Paris, Toulouse, Lyon, Rouen,  des espaces pour se retrouver, se rencontrer,  créer et inventer une nouvelle année. Rendez-vous   ICI