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Affichage des articles du 2021

Smog

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Ce brouillard où ils me laissent tâtonner Ce brouillard où ils me tâtonnent Ceux aux bras nombreux Cent baveux Tâtonnements Te travaillent au corps Les mots Proies et ombres           Os            à           Os Je me tais - que fais-tu au juste ?

Petit Poucet

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  NOUS NE SOMMES PLUS LE PETIT POUCET  MAIS LES CAILLOUX

l'herbier

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  elle se retourne les reins appuyés sur le plan de travail devant elle du vide du temps  elle gratte sa gorge sa voix  s’é  brèche délicatement très délicatement elle broute sur son bras la ligne verte des ptéridophytes les crosses fondent  sous sa langue jusque sous ses aisselles c’est tendre

immensité

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  bien sûr qu’elle ignorait les recoins du monde venue vivre ici elle ignorait jusqu’au goût de la terre et les immensités de la pluie du vent des saisons Pourquoi pars-tu avaient-ils demandé et elle un sourire est-il une réponse ? elle se gardait bien et depuis longtemps de donner des réponses plutôt ouvrir un livre et chercher lisser une page et écrire l   a     p    o    é    s    i    e

Les ALBERS

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  Anni Albers/détail tissage Je sais Lorsque de couleurs je chavire Lorsque dans la couleur je chavire Lorsque les salles d’exposition deviennent forêt Lorsque les larmes me nouent la gorge Lorsque je range le téléphone sors le crayon le carnet Lorsqu’Écrire Lorsqu’un battement de cœur, une idée /un battement de cœur, un désir /un battement de cœur, une envie Lorsque désir désir faire faire faire créer Lorsque je sens mes yeux ils crissent ils frottent ils se frottent aux œuvres     j amais assez Lorsque je chante d’une salle à l’autre d’une œuvre à l’autre je ris Lorsque je sais pourquoi j’existe l’amour existe lui-aussi Lorsque je respire            enfin Anni et Josef Albers L'art et la vie Du 10 septembre 2021 au 09 janvier 2022 au MAM

morsure

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  œil édenté ne passe plus par ici aucun éclat il faut attendre attendre le saut l'entrée dans le jour il faut attendre attendre ce jour à genoux  tête posée sur ton épaule attendre le jour mordu par notre regard

Jogging

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  Jusqu’aux épaules dans le chemin creux cheminer de l’arbre à la table du potager au cahier de la cuisine à la chambre le chien danse en hauteur balancement de sa queue gyrophare nul joggeur ici

DENTAIRE

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  le silence est plaqué sur ses dents comme un appareil orthodontique bagues et élastiques ça brille quand elle sourit mange déglutit cliquètements et postillons bouche fermée léger gonflement des lèvres posées  sur les tiges de métal tiennent en place le gros morceau de silence en avant / écarté/  en arrière /en surnombre parfois un mot se coince entre ses dents il faut corriger tout cela, redresser ce silence en bonnes postures

manquer

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  Nous constatons le manque nous constatons le trou nous constatons les hypocrisies Nous constatons -                            comment le nourrir ?  Nous consignons les mensonges nous consignons les promesses nous consignons les rires Nos papiers noircis                          les rires affichés Nous consolons des planètes nous consolons dans des fossés dans des sècheresses Nous coulons

bander

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  que ne feraient-ils pas pour avoir avoir AVOIR leur nom dans artpress enculer des enfants sucer des corps vierges que ne feraient-ils pas pour pouvoir pouvoir                       POUVOIR son nom inscrit sous des tonnes de chair en espérant très fort le bandeau sur les yeux de  la justice ALORS ALORS ALORS l'innocent n'est plus l'enfant ? mais l'adulte

II

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  Leurs mots ont les jambes écartées Leurs regards ont les jambes écartées Leur ton l eurs phrases  ont les jambes écartées Leur odeur a les jambes écartées Leurs sourires leurs dents leur haleine       jambes écartées Leurs siècles ont les jambes écartées Leur domination leur assurance leur bruit ont les jambes écartées Leurs jambes ont les jambes écartées Leurs caresses leur sexe leurs salutations  jambes écartées Leurs bras leurs lèvres leurs attributs                     jambes écartées É cartez Vous D’eux  Les bouffeurs d’espace de liberté d’équité É cartez-vous de nous

La déboussole

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  Elle tâte au fond de sa poche cinq doigts cinq plis cherchent soupèsent la déboussole planquée au fond de la poche elle plisse les yeux le paysage plisse le vent le ciel moutonne Perdue ce n’est plus la peine de le dire ni de le penser la déboussole serrée creux de la paume pile ou face magnétique nord ou sud elle virevolte les talons creusent des trous dans la terre le bitume aucune route n’est fiable finalement de sa poche extrait la déboussole balancier devant son regard par où aller la route est toujours la mauvaise tant d’allées secondaires de fossés de creux les uniques pas pressés indiqués par sa déboussole bien plantée au devant de sa tête licorne la mènent toujours au mauvais endroit des sommets battus de froid des déserts qui collent aux pieds des inconnus attendent le bruit de sa course petits sanglots se perdre étreint le cœur et les mâchoires la main ne se tend pas pour vite la ramener sur le bon chemin Elle replace la déboussole au fond de sa poche Referme dessus sa m

IV

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  elle voulait écrire  devait devant l’impossible  l’impossibilité se projette dehors jette  pierre jeter des pierres à la face  du monde

les tâches

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  nous font frotter le sol frotter le sol fille-frotte, fille-frotte nous font ravauder le drap ravauder le drap fille-fil, fille-fil nous font laver le linge, laver le linge fille-sale, fille-sale ma force ma force de fille je ne vais pas la laisser là sur le sol dans le seau les draps sales ma force je ne vais pas te la laisser ma force de fille je vais m'en servir en user  pour abattre tous les murs

Filet

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  À travers les petits carreaux de mon cahier je filtre les excès de colère de racisme de souffrance Cahier-filet d’où remonter La beauté elle coule toute seule des phrases, faut pas la retenir.

Les reliefs

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  m’émeut la forme de la poire ni ronde ni lisse m’émeut depuis sa fleur blanche jusqu’au fruit lourd le temps qu’elle modèle tout son temps m’émeut son chemin de la branche à ma bouche m’émeut le matin sentir son odeur dans la cuisine calme m’émeut l’éternelle modestie l’accomplissement généreux m’émeut loin le chien qui lèche la sève de l’arbre m’émeut la brume bleue dormir suspendue dans l’air m’émeut ton visage penché sur le mien comme m’émouvaient mon regard dans celui d’un portrait de Diane  ma respiration calée sur celle de Vincent les points chavirés de mes yeux frottés avec Yayoï la solitude de Georgia le silence d’Hannah les cris d’Unica m’émeuvent toujours j’y pense en regardant  la poire son relief irrégulier

les loups

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L'ambre

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  marcher sur les os sous les feuilles émiettés soleil apprivoisé elle caresse le museau                                                                                  brûlé l’ombre double devance                                               au devant elle coule de tronc en tronc s'enliane s'élève regarde le ciel                                                   à travers les ailes des oiseaux                                                   transparentes de lumière                                                   perce l’ambre des mots des mots sans voix squelettes infimes en elle sa langue      c’est son corps elle frotte ses talons      échardes d'ivoire pulpe des pieds et terre mouillée l'errance à la voix

Rouge pute

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Rouge pute

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wild

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  sur nos têtes les vertèbres du ciel craquent

horses

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  la nature plie ses genoux  je zèbre          zèbrure          l'ordre du monde la pluie pèse des kilos la parole arrive           jamais ne parlera le petit Poucet définitivement perdu je - caillou qu'il est bon de buter d'échouer de s'enfoncer se loger se déloger se cabrer se rouler rouler s'étrangler au galop revenir à l'ultime  s      s     s     s          s i      i     i     ii l     l     l     l               l e     e     e          e     e n     n     n          n               n c     c          c     c          c e     e               ee                    e

juillet

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  l’œil à l’écarlate j’organise la traque narines écarquillées je flaire poids dans mon poing droit  la pointe me guide corps courbé vers la terre odeurs nouvelles aucune charogne aucune sueur identiques la piste me guette le surgir d’une bête plus silencieuse que moi

les vagues

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  j'ai encore j'ai déjà j'ai toujours                         des vagues à l'âme                         des torrents de larmes                         des rivières sans retour

l'ang(ag)e

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  l'ange assis dans ma gorge ses  ailes dans ma trachée rien ne passe rien ne se passe ce ne sont pas des sujets dont nous parlerons -

légion

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  DANS UN CREUX de campagne repaire aux blasons Des dos armés des crânes rasés Mots haine et race         le supérieur                 Rassemblement des crânes autour de la table nous traversons essoufflées étouffées les pièces nous sachant individus à supprimer les mots ne sont plus à demi mais légitimés            en  ces murs Ont déjà ouvert leur fente en 39-45 aux proclamés nazis Murs pas effondrés sur           la peste nous marchons la peur                ses crocs refermés sur notre petite fuite grimper      l’escalier       la clé       dérape la porte À nos trousses passé présent il va falloir affronter ce futur le renverser

meute

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       la meute la meute la meute - meute meute meute je l’entends meute rugit meute bouscule meute meute  aux trousses grondement meute meurtrière meute miettes - en miettes déchiquète la meute    mouvante bave babines meute nombreuse toujours gonfle meute la meute massacre des innocents la meute mobile immobile tassée tenue les laisses la meute groins dans la merde la meute ses muscles la   coulée de meute une femme plante ses dents dans une pastèque rouge des mots de haine explose la meute  mijote  meute  mauvaise soupe mauvais coups dans la salle d’armes ça tonne la meute blasonne            les murs ne tournent pas le dos ni ne s’écroulent ni n’ensevelissent la meute sur son dos meute   meute meute montent les moutons laine rouge meute blanche dans un creux de campagne 

fair-play

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  Au lieu de faire défaire tout défaire  Je ne veux plus faire jamais plus                     f aire plaire fair-play n’existe pas  Défaire             libertés buissonnières  Nous ne voulons plus l’injonction l’ordre Faire l’autruche comme si Faire la loi sourde oreille  Défaire l’attention la bonne figure la fortune Nous ne ferons plus vos lits où vous coucher après vos journées d’ignoble Défaire la partie Se soustraire  Défaire           l’amende honorable défaire les abstractions                                                                                     le dos rond                                                                                    choux blancs                                                                                                 les économies les efforts les sacrifices  Défaire en sorte Que surgisse L’écart

coupure

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  À la demi-femme accoudée  sur le rebord de la fenêtre ne donner que le plus petit os à toucher qu’elle ne me dévore pas

Rouge pute

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  PERFORMANCE : COURTY / LE QUERREC Dimanche 27 juin 2021 18:00 / 6PAR4   177 Rue du Vieux Saint-Louis, 53000 Laval   Gratuit Pour réserver : c'est ICI

Les Faunes ....

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  L'Âne qui butine publie ma très brève histoire des Faunes : Mallarmé, Debussy, Nijinski Les mains de Nijinski dans Le Faune EXTRAIT :  "Il y a Mallarmé en 1865 il est au commencement il a 23 ans et écrit le Monologue du Faune cent dix vers d’abstraction aigüe jusqu’à devenir l’Après-midi d’un Faune , églogue, ce mot il sonne dans ma tête sur ma langue églogue cent dix dodécasyllabes Inerte, tout brûle dans l'heure fauve s’inscrivent à la plume, Mallarmé trace ses vers sur une page blanche dansent ses mots se rencontrent se chassent, il y a un amour qui se déchire sur une page épaisse ça fait un bruit de rumeur de raisin écrasé les cheveux des nymphes s’entrelacent dans l’encre de Mallarmé la poésie s’écrit de toute part c’est l’heure brûlante du Faune." Les Faunes... , 33 exemplaires. Reliure main, couture à la japonaise. Sur le site des éditeurs.

birds

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affluents

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  manger l’italien de ma mère               l’orphelin de mon père à créer ma langue française de gouge et de marteau de Jeannot

Nous n'irons plus au BAL

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  frame from Judy Chicago, Women in Smoke, California, 1971-1972 Je voulais aller au BAL Aller au BAL, embrassez-qui-vous-voulez, je voulais danser ma pupille, danser mes émotions Je voulais voir l’exposition Wang Bing Au BAL je voulais aller Le cinéma de Wang Bing est traversé par cette question : Comment montrer la vie des anonymes, ceux que « l’économie socialiste de marché » ignore, méprise ou exploite? Blabla du BAL Wang Bing toujours du côté des exclus Au BAL la feuille pliée, une identité Autrice-artiste De celles pulvérisées par l’épidémie Au BAL je tends ma feuille Mais Visage et guichet instantanément refermés Au BAL seul les artistes de l’ADAGP Autorisés à danser Les autres, PLEIN TARIF me jette-t-elle au visage sans un regard elle crache Au BAL où l’on expose Au BAL où l’on marchande Ce BAL déjà fatigué momifié  Au BAL où les nantis Au BAL on trie Wang Bing apprécierait certainement Au BAL je n’irais plus danser En illustration, une image extraite d'une vidéo de    Judy

le monde adolescent

  ev a posé son vélo ev posée sur son vélo immobile affaissée lourde prisonnière de son corps d'adolescence          du monde le corps du monde adolescent eve le vélo le trottoir le monde un seul corps immobile affaissé lourd un homme passe. Tom. Clin d'oeil. Borborygme. esquisse un geste. ouvrir sa chemise. une invitation.  eve ne le regarde pas ne le voit pas ces adultes obscènes pathétiques vicieux eve ne voit absolument rien dos rond bras croisés sur le guidon son menton posé frange sur ses yeux intégralement recouverts un second homme passe. Piotr. S'approche franchement. chair fraîche.  - Allons boire un verre eve ne bronche pas moufte pas affaissée dégoutée ce monde impossible incapable invivable ev a redressé son corps ignore l'homme sa queue à la main eve en deux coups de pédale franchit le bord du monde

anatomie

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Pavillon noir

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Ils sont toujours là

    «   La possibilité qu’émerge une réelle discussion sur l’inceste est neutralisée car banalisée ; chacun pense au bout du compte qu’il sait déjà de quoi il retourne. Dire l’inceste publiquement, quel que soit l’angle d’approche, est immédiatement métabolisé par la société : absorbé, puis transformé et renvoyé au silence, sans questionnement sur ce dont il s’agit  ». Cette citation est empruntée à Dorothée Dussy dans un de ses articles de 2005.    Ainsi « les violences faites aux femmes » Les dire publiquement On ne m’invite plus pour parler littérature et écriture mais pour dire les violences faites aux femmes Car lesviolencesfaitesauxfemmes, faut bien les caser quelque part, ça fait qu’on donne le change, on coche la case bonne action, on en parle, on n’est pas insensible, ah non Coincée entre deux auteurs des mâles-qui-savent-la-littérature, qui sont & représentent la Littérature - tribuns forts en gueule Avec mon livre pour dire les violences faites aux femmes je me contorsio

la foi

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  plq, rosso, 2021 Sans foi, je me retrouve toujours à errer dans les églises des villes et villages où je travaille, je ramasse les images pieuses les prières minimales, les fourre dans mes cahiers. Elles ne m’aideront peut-être pas. Mais peut-être ceux qui souffrent.

à ras bord

  Elle est assise en face de moi, entre nous la table encombrée elle érige des défenses d’objets et de paperasse , elle veut parler mais ne pas parler, elle a accepté mais n’accepte pas, elle dit tout de suite je ne veux pas parler du passé, le passé c’est les coups la terreur des années de coups de terreur, elle file dans la cuisine en revient avec une assiette énorme de pattes et de pilons de poulet, une assiette comme je n’en n’ai jamais vue remplie à ras bord comme elle remplie à ras bord de mots, de colère, elle pose l’assiette devant elle, entre nous, et mange mange et entre les bouchées elle donne des mots, sa main crispée sur la fourchette qu’elle planterait bien dans le passé pour n’en faire qu’une bouchée.  L’assiette vidée son corps lesté, la tête nettoyée, mon cahier rempli, elle se lève, me sourit.

derrière

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  plq, rosso, 2021 Entrer dans les appartements je pourrais m’y déplacer les yeux fermés, c’est toujours la même tristesse qui carillonne en beauté, les meubles lourds et marrons les canapés engloutis dans les murs les photos des enfants sages bordées de carton la toile cirée et l’odeur du modeste, à chaque fois j’en prends plein les narines l’odeur du modeste est partout sur moi elle joue au boomerang c’est d’ici que je viens Après les premières minutes assise du bout des fesses sur le plastique le cahier sorti le stylo en berne, les premiers mots qui se rencontrent me fera-t-on confiance, je suis qui ? cette inconnue dans votre salon sur le bout de votre table qui vient simplement écouter pour écrire ensuite. Tout le monde a envie de parler, moi j’ai juste envie d’écrire jamais de parler, donc ça tombe bien, au bon endroit dans ces salons de toute éternité, la chaleur se répand, on me sort les albums les coupures de journaux le café et puis les mots La première demi-heure écoulée le

loin

  même finir une phrase semble inutile d’une telle modestie les modestes retirés les modestes éloignés ancien quartier des pestiférés Nous ignorions notre exil, alors

de côté

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plq, rosso, 2021 couchée en chien de fusil côté ciel